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Guide BAPCOC 2026 : ce qui change en officine

Résumé des changements du guide BAPCOC 2026 sur les infections respiratoires, utile pour les pharmaciens d’officine.

29 juin 2026·Mostpharma·8 min
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Guide BAPCOC 2026 : ce qui change en officine

Le CBIP a relayé en juin 2026 la publication d’une version révisée du guide BAPCOC de traitement anti-infectieux en pratique ambulatoire. Ce premier article concerne l’introduction du guide et le chapitre consacré aux infections respiratoires.

Pour les pharmaciens d’officine, l’intérêt est très concret : certaines recommandations changent, plusieurs durées de traitement sont raccourcies, la place de l’azithromycine devient plus limitée, et les indications d’antibiothérapie sont davantage ciblées.

Cet article ne remplace pas le guide BAPCOC, le CBIP, ni l’avis du médecin prescripteur. Il résume les points utiles à connaître au comptoir, notamment lorsqu’un patient pose une question sur son traitement ou lorsqu’un pharmacien remplaçant arrive dans une officine avec des habitudes différentes.

Ce que le nouveau guide BAPCOC 2026 change globalement

Le message général est clair : les antibiotiques doivent être utilisés de manière plus ciblée, avec une attention particulière à la résistance croissante aux macrolides.

Dans les changements mis en avant par le CBIP, on retrouve notamment :

  • une place plus limitée pour l’azithromycine dans les infections respiratoires ;
  • des indications d’antibiothérapie plus restrictives ;
  • une meilleure définition des patients à risque ;
  • des posologies adaptées pour certains antibiotiques ;
  • des durées de traitement souvent raccourcies ;
  • une clarification des situations qui justifient un renvoi vers la deuxième ligne.

Le guide BAPCOC 2026 est intégré dans le Répertoire du CBIP, au chapitre consacré aux médicaments anti-infectieux. Il reste aussi disponible sous forme de PDF via les canaux officiels.

Une place plus limitée pour l’azithromycine

Un des changements importants concerne l’azithromycine. En raison de la résistance croissante aux macrolides, son rôle est réduit dans plusieurs situations.

Dans la version 2026 du guide, l’azithromycine n’est plus recommandée dans certains cas où elle pouvait auparavant être envisagée, notamment chez les enfants présentant une allergie à la pénicilline médiée par les IgE pour l’otite moyenne aiguë et la rhinosinusite aiguë. Dans ces situations, le cotrimoxazole est désormais mentionné chez l’enfant, sauf chez les enfants de moins d’un mois. Chez l’adulte, la moxifloxacine est recommandée dans ce cas.

Pour la pharyngite aiguë amygdalienne, l’azithromycine conserve toutefois une place en cas d’allergie à la pénicilline médiée par les IgE.

Pour le pharmacien, le point important n’est pas de modifier la prescription à la place du médecin, mais de repérer les changements de logique thérapeutique. Une prescription qui semble différente des anciennes habitudes peut être cohérente avec la nouvelle version du guide.

Pharyngite aiguë : des recommandations alignées sur WOREL

Le chapitre sur la pharyngite aiguë amygdalienne a été aligné sur le guide WOREL “Douleur de gorge aiguë” de 2025.

Le terme “mal de gorge aigu” est remplacé par “pharyngite aiguë amygdalienne”. Les antibiotiques restent réservés à des situations précises, notamment les personnes gravement malades et certains patients à risque.

Parmi les groupes à risque cités par le CBIP, on retrouve notamment :

  • les résidents d’une communauté fermée avec épidémie d’infections streptococciques du groupe A ;
  • les patients ayant des pharyngites aiguës amygdaliennes à répétition, soit au moins 5 épisodes par an pendant 2 années consécutives.

Autre changement : l’amoxicilline peut désormais être recommandée, avec le céfadroxil et la céfalexine, comme alternative de premier choix lorsque la phénéticilline n’est pas disponible ou qu’elle est trop coûteuse.

Chez les enfants de moins de 10 ans, la posologie d’amoxicilline est ajustée à 50 mg/kg/jour, répartis en trois prises, dans cette indication précise.

Le schéma avec céfadroxil et céfalexine est aussi adapté : ces deux médicaments peuvent désormais être utilisés chez l’enfant et chez l’adulte comme alternative à la phénéticilline et à l’amoxicilline. Chez l’adulte, la dose est réduite à 500 mg deux fois par jour, et la durée du traitement passe à 5 jours.

Otite moyenne aiguë : antibiotiques plus ciblés

Pour l’otite moyenne aiguë, les indications des antibiotiques oraux sont modifiées.

Les antibiotiques restent indiqués en cas de maladie grave, de facteurs de risque majeurs de complications ou en l’absence d’amélioration après trois jours de traitement par analgésiques.

Les facteurs de risque majeurs cités comprennent notamment :

  • les enfants et adultes porteurs d’un implant cochléaire ;
  • les personnes ayant récemment subi une chirurgie de l’oreille, sauf pose de yoyos ;
  • les patients immunodéprimés.

Les facteurs de risque mineurs ne justifient plus systématiquement une antibiothérapie, mais demandent une vigilance particulière. Cela concerne par exemple certains enfants très jeunes, les personnes avec anomalies anatomiques ORL, les patients atteints du syndrome de Down ou certains patients opérés récemment de l’oreille.

Le guide ajuste aussi la dose d’amoxicilline chez l’enfant : 80 à 90 mg/kg/jour en trois prises pendant cinq jours.

En cas d’allergie à la pénicilline médiée par les IgE, l’azithromycine n’est plus recommandée chez l’enfant dans cette indication. Le cotrimoxazole est mentionné, sauf chez les enfants de moins d’un mois. Chez l’adulte, la moxifloxacine est recommandée.

Rhinosinusite aiguë : traitement plus court par amoxicilline

Pour la rhinosinusite aiguë, la durée du traitement par amoxicilline est raccourcie à 5 jours, chez l’enfant comme chez l’adulte.

La dose d’amoxicilline chez l’enfant est également ajustée à 80 à 90 mg/kg/jour en trois prises.

En cas d’absence d’amélioration dans les 48 heures, et s’il n’y a pas de raison de renvoyer le patient vers un spécialiste, l’amoxicilline peut être remplacée par de l’amoxicilline + acide clavulanique.

Chez l’adulte, le CBIP indique que la recommandation standard devient l’association fixe amoxicilline + acide clavulanique 875/125 mg. L’ancienne stratégie consistant à combiner une monopréparation d’amoxicilline avec une association fixe 500/125 mg était source d’erreurs médicamenteuses.

Pour l’officine, c’est un point important : quand un schéma combine plusieurs préparations, le risque de confusion augmente. Le rôle du pharmacien reste central pour vérifier que le patient a bien compris quand et comment prendre chaque médicament.

Infections respiratoires inférieures : moins de macrolides empiriques

Pour les infections des voies respiratoires inférieures, les recommandations distinguent les enfants et les adultes, mais plusieurs idées reviennent.

Chez l’enfant, les antibiotiques oraux restent indiqués en cas de suspicion clinique de pneumonie bactérienne. Le guide précise mieux les signes cliniques : fièvre, effort respiratoire accru, augmentation de la fréquence respiratoire, crépitements focaux, anorexie ou léthargie.

Le guide rappelle aussi que la bronchiolite ne constitue pas une indication pour les antibiotiques.

Chez l’adulte, l’amoxicilline reste le traitement de première intention, mais la durée du traitement est raccourcie à 5 jours. L’association amoxicilline + acide clavulanique voit ses indications élargies, notamment chez les personnes âgées de plus de 65 ans.

Le guide nuance aussi l’utilisation de la CRP. Un dosage n’est généralement pas nécessaire, mais peut être envisagé en cas de doute chez certains patients sans facteur de risque d’évolution grave. Une CRP entre 20 et 100 mg/L laisse le diagnostic incertain, tandis qu’une CRP supérieure à 100 mg/L rend la pneumonie probable.

Autre point important : l’utilisation empirique de macrolides en cas de suspicion de pneumonie atypique n’est plus recommandée, sauf confirmation par PCR sur expectorations. Le traitement ne doit pas être instauré uniquement sur base empirique ou sur la seule sérologie.

Grippe, BPCO et coqueluche : quelques points à retenir

Le guide BAPCOC 2026 accorde pour la première fois une place très limitée à l’oseltamivir dans la grippe.

Le CBIP rappelle toutefois que les antiviraux n’ont généralement pas d’effet cliniquement pertinent sur la prévention des complications, ni sur la durée ou la gravité des symptômes. L’oseltamivir peut être envisagé chez certains patients présentant un risque très élevé d’évolution grave, idéalement dans les 48 heures après l’apparition des symptômes ou après un contact avec une personne infectée.

Pour l’exacerbation de BPCO, les indications d’antibiotiques sont également précisées. Les antibiotiques sont indiqués lorsque l’exacerbation ne s’améliore pas suffisamment avec une bronchodilatation à courte durée d’action et que certains critères sont présents, comme une augmentation de la purulence des expectorations avec essoufflement ou augmentation du volume des expectorations.

Pour la coqueluche, l’indication de prophylaxie post-exposition par antibiotiques est élargie dans certaines situations familiales à risque, notamment lorsqu’il y a un nourrisson de moins de 12 mois non ou insuffisamment protégé, ou une femme enceinte de plus de 34 semaines non vaccinée, en présence d’un patient atteint ou suspecté d’être atteint de coqueluche.

Ce que cela change au comptoir

Pour une officine, ces changements ne se limitent pas à de la théorie. Ils peuvent modifier la manière dont l’équipe comprend certaines prescriptions, répond aux questions des patients ou repère un risque d’erreur.

Quelques réflexes utiles :

  • vérifier la posologie et la durée, surtout chez l’enfant ;
  • rester attentif aux schémas avec amoxicilline + acide clavulanique ;
  • ne pas s’étonner de voir moins d’azithromycine dans certaines infections respiratoires ;
  • vérifier les allergies à la pénicilline avec prudence, sans tirer de conclusion définitive au comptoir ;
  • renvoyer vers le médecin en cas de doute clinique, d’aggravation ou de question qui dépasse le cadre pharmaceutique.

Le guide rappelle aussi l’importance d’une politique antibiotique responsable. Pour le pharmacien, cela passe souvent par des gestes simples : expliquer pourquoi un antibiotique n’est pas toujours nécessaire, encourager le bon usage du traitement prescrit et éviter les interruptions ou adaptations sans avis médical.

Pourquoi c’est utile aussi pour les pharmaciens remplaçants

Un pharmacien remplaçant peut arriver dans une pharmacie où les habitudes de délivrance, les logiciels, les procédures internes et les profils de patients sont différents.

Connaître les grandes lignes du guide BAPCOC 2026 aide à mieux comprendre certaines prescriptions et à poser les bonnes questions à l’équipe en place.

Exemple concret : un remplaçant arrive dans une officine à Namur pour couvrir une semaine de congé. Il voit plusieurs prescriptions d’antibiotiques respiratoires avec des durées plus courtes que ce qu’il avait l’habitude de rencontrer. Avant de conclure à une erreur, il peut vérifier si le schéma correspond aux nouvelles recommandations BAPCOC.

Pour une pharmacie qui cherche un remplaçant, ce type de mise à jour rappelle aussi l’importance de transmettre les informations utiles avant ou au début de la mission :

  • procédures internes de validation ;
  • personnes à contacter en cas de doute ;
  • habitudes de collaboration avec les médecins locaux ;
  • consignes sur les préparations, commandes ou ruptures ;
  • accès rapide aux ressources de référence utilisées par l’équipe.

Sur Mostpharma, une pharmacie peut préciser les informations pratiques liées à une mission lorsqu’elle publie une annonce. Ce n’est pas le rôle d’une plateforme de remplacer les recommandations officielles, mais une bonne annonce peut aider le remplaçant à arriver mieux préparé.

À lire aussi

Si vous organisez régulièrement des remplacements en officine, le sujet ne concerne pas seulement la disponibilité d’un pharmacien. Il concerne aussi la continuité du service, la transmission des habitudes de travail et la clarté de la mission.

Pour aller plus loin côté organisation, vous pouvez consulter la page trouver un pharmacien remplaçant.

Si vous êtes pharmacien remplaçant et que vous souhaitez être contacté pour des missions adaptées à vos disponibilités, vous pouvez aussi créer un profil remplaçant.

Source à consulter avant publication

Cet article est basé sur la publication du CBIP dans les Folia Pharmacotherapeutica de juin 2026 : “Nouveau guide BAPCOC: intro et infections respiratoires”.

Avant publication, il est conseillé de vérifier les formulations sensibles directement dans le guide BAPCOC, le Répertoire du CBIP et les documents officiels associés. Le présent article est un résumé informatif et ne remplace pas les recommandations complètes ni l’avis du médecin prescripteur.

Vous organisez un remplacement prochainement ?

Une mise à jour thérapeutique comme celle-ci montre l’importance d’une bonne transmission entre la pharmacie et le remplaçant.

Si vous avez une absence à couvrir, vous pouvez préparer une annonce claire avec les dates, le lieu, le logiciel utilisé et les informations utiles pour la mission.

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